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Piétonnier bruxellois, impact sur la dynamique commerciale

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Bruxelles le 2 mai 2016. En juin 2015 était lancé le piétonnier bruxellois. Annoncé comme étant le plus grand d’Europe, cet élargissement du piétonnier existant court le long du boulevard Anspach, de la place de Brouckère jusqu’à la place Fontainas. 9 mois plus tard, le dossier du piétonnier n’en finit pas de déchaîner les passions, tant dans le chef des politiques de la majorité et de l’opposition, des commerçants que des riverains et associations telles que le BECI. Débat à tel point animé qu’il a été décidé fin avril 2016 de mettre sur pied un Observatoire du Piétonnier, observatoire chargé d’objectiver l’impact de piétonnier, tant dans sa dynamique socio-spatiale que dans sa dynamique socio-économico-démographique. 
9 mois plus tard, après le lockdown de Bruxelles suite aux attentats de Paris, après les attaques terroristes du 22 mars dernier sur le sol bruxellois, il apparaît important de dresser un 


1e bilan 

Fort de sa position de leader en immobilier commercial et sans chercher à prendre parti, Cushman & Wakefield souhaite apporter son éclairage sur l’impact du piétonnier, et proposer quelques pistes d’améliorations sur ce projet de revitalisation du centre-ville bruxellois. 

Les constats d’abord :
1.L’idée d’étendre le piétonnier existant afin de renforcer l’attractivité touristique et commerciale du centre-ville est excellente. Toutefois, la création d’un piétonnier se doit d’être accompagnée d’une véritable attractivité touristique et/ou commerciale afin de faire vivre ce piétonnier, à l’instar de ce que l’on observe pour la rue Neuve ou la Grand-Place. Or il faut bien l’admettre, à ce jour, ni le boulevard Anspach ni la place de Brouckère ne sont une destination touristique et l’idée « d’ouvrir » un tel espace public ne suffit pas à en faire un lieu de destination. Ceci est d’autant plus vrai qu’il est, à l’heure actuelle, beaucoup plus agréable de se promener dans le Parc Royal par exemple. 

2.Un piétonnier trop grand, mis sur pied trop rapidement, sans concertation publique ni étude d’impacts préalables. A nouveau, si l’intention est louable, la réalisation rapide et brutale de ce piétonnier est venue perturber les habitudes de consommation des chalands, les habitudes de vie des riverains, les usages des passants et surtout, est venue perturber l’accessibilité du centre-ville. D’autres problèmes viennent se greffer à ces impacts négatifs : manque d’aménagement urbain, dégradation publique, manque de propreté, manque d’appropriation…   

3.Une atteinte à la dynamique commerciale existante, dynamique qui a mis du temps à se créer. Si le quartier Dansaert par exemple attire aujourd’hui plus de 9.200 passants quotidiens et constitue un lieu de destination pour une clientèle spécialisée, il ne faut pas oublier qu’il s’est petit à petit révélé comme un quartier spécialisé dans la mode et le design. En 2008, on dénombrait en effet 7.500 passants quotidiens. Si Dansaert s’est stabilisé ces dernières années, l’équilibre demeure fragile et il ne faut pas grand-chose pour affaiblir l’armature commerciale. Et c’est précisément ce qu’est en train de faire le piétonnier. Aujourd’hui, son impact se fait sentir chez les commerçants. D’après Boris van Haare Heijmeijer, Partner et membre du International Retail Board au sein de Cushman & Wakefield, le chiffre d’affaires de certains commerçants est de 20 à 30% plus faible qu’il ne l’était avant le piétonnier, donc avant le lockdown ou les attentats de Bruxelles.  Or, s’il faut du temps pour qu’un tissu commercial existe et devienne un véritable lieu de destination, le moindre grain de sable peut venir gripper la machine, enrayer la dynamique et faire fuir les passants. 

Les différents experts commerciaux de Cushman & Wakefield plaident notamment pour :
1.Une véritable concertation avec les acteurs commerciaux et les principaux propriétaires du centre-ville afin d’assurer un phasage cohérent des différents chantiers et une véritable appropriation du piétonnier par l’ensemble des parties prenantes. Il apparaît également indispensable de se concerter avec les quelques 200 commerçants qui souffrent actuellement.

2.Une mise en œuvre cohérente, phasée, à échelle humaine. A l’instar de ce qu’il s’est fait dans des villes comme Anvers, Gand ou Louvain, la mise en place d’un tel espace public se doit d’être réfléchie, cohérente et surtout phasée. Ainsi, la première étape du piétonnier devrait concerner la place de Brouckère et s’étendre jusqu’à la rue de l’Evêque ou la rue Gretry afin d’englober la rénovation du projet « The Mint » (la rénovation du socle du centre Monnaie) le long du boulevard Anspach et ainsi renforcer la prolongation naturelle de la zone constituée par la rue Neuve et la rue des Fripiers. Cette mise en œuvre à échelle plus humaine permettra certainement une meilleure appropriation de cet espace qui pourra dès lors devenir un véritable espace touristique et lieu de destination. 

3.Une communication claire et objective autour du piétonnier. Il apparaît indispensable de lancer une étude d’impacts sur le piétonnier et d’en assurer sa communication objective et sans tabous. Il en découlera une meilleure définition de la vision des autorités sur le piétonnier, sur son timing de mise en œuvre (qu’il faudra viser à minimiser et à respecter afin de ne pas nuire davantage à la dynamique commerciale du centre-ville), sur son impact sur le tissu économique bruxellois et surtout, sur son adéquation et sa complémentarité avec la rue Neuve qui reste, il ne faut pas l’oublier, la rue commerçante la plus fréquentée du pays. Or, à ce jour, les habitants, touristes et commerçants sont pénalisés deux fois par cette mise en place chaotique, une première fois de par le manque de concertation, de communication et d’accessibilité du centre-ville, une deuxième fois par la durée des travaux prévus pour l’aménagement définitif du piétonnier. 

Le message est donc fort, l’ensemble des parties le demande, une communication claire et une vision forte et partagée sont les maîtres mots d’une mise en œuvre cohérente et structurée du piétonnier bruxellois. Cette vision s’avère indispensable à la réussite de ce projet de revitalisation urbaine, de renforcement de la dynamique commerciale et de l’attractivité touristique du centre-ville.